Graphiste : la vérité sur les prix

J’ai décidé d’écrire cet article suite à des remarques de mes proches ou de certains prospects. Vous êtes au courant si vous me suivez sur Instagram, j’en avais parlé en stories -d’ailleurs si vous ne me suivez pas, c’est par là!
Quand je dis que je suis graphiste et webdesigner, il y a plusieurs réactions. Celles des gens qui n’ont pas besoin de graphiste et celles des gens qui en ont besoin.
Aujourd’hui, je vais plutôt vous parler de la deuxième catégorie et des questions -ou affirmations- qu’on me posent le plus souvent.

Les préjugés sur les graphistes

Il y en a des tonnes, comme pour tous les métiers je pense. En fait, la plupart des personnes ne prennet en compte que ce qu’ils voient. Par exemple, une vendeuse vend et range. Elle ouvre à 10h et ferme à 19h. Ils ne prennent jamais en compte qu’elle vient faire le ménage 1à 2h avant l’ouverture et qu’elle va rester plus tard pour remplir le magasin et faire du merchandising. Personne ne se doute que les véritables horaires d’un magasin sont en fait 8h-22h.
Pour un graphiste, c’est la même chose, on ne voit que le résultat final. « Ce logo est très simple, c’est juste une typo, ça prend 15 minutes à faire ». Mais que répondre à ça lorsque vous avez passé 10h sur ce logo et que votre client va débourser 500€ ?
La plupart des gens qui essayent de comprendre ce tarif se disent que le client paye les études mais il y a aussi ceux qui estiment que le client s’est fait avoir et qu’il aurait dû négocier.

On en arrive donc au deuxième préjugé :  « les freelances se la coulent douce ». « Ils travaillent peu. Certains voyagent beaucoup. Avec ce qu’ils facturent, deux clients par mois et c’est la belle vie ». Sauf que vous vous doutez bien que ça ne marche pas comme ça. N’oublions pas que chaque freelance doit faire plusieurs métiers. Nous sommes des entrepreneurs comme les autres, tantôt commercial, tantôt comptable. Notre métier de départ n’est finalement pas celui que nous pratiquons le plus.

Vous l’aurez compris, les préjugés sont nombreux et on en revient toujours au même point : l’argent. Je vais donc vous expliquer les étapes de travail et les tarifs en toute transparence.

Le étapes du travail d’un graphiste

Sur mon site, vous trouverez les 9 étapes du travail d’un graphiste. Je reviens dessus ici, pour que vous estimiez le temps de travail nécessaire à un projet. Ici, nous allons prendre l’exemple d’un logo à 500€.

Tout commence par vous

Le point de départ de tout travail est le client, donc vous ! Il y a la phase de découverte, la rencontre avec vous. Qu’elle soit physique ou virtuelle, comptons une heure. Une heure gratuite où l’on discute de votre projet et de ma façon de travailler pour voir si ça colle entre nous.
Ensuite, je prépare votre devis et vous l’envoie. Là encore, c’est cadeau.
La première phase du travail est de votre ressort. C’est à vous de récolter des infos et de m’envoyer vos inspirations, vos souhaits pour que je puisse bien cibler votre demande.

Le vif du sujet

Pendant que vous réunissez vos inspirations, je fais moi aussi des recherches. Notamment sur vos concurrents, votre secteur d’activité… Je complète avec ce que vous m’avez envoyé. Je fais le tri, je prépare un moodboard et un brief pour que vous validiez le début de mon travail. Cette phase de recherche et d’écriture prend environ 3h.
Une fois le brief validé, je commence la partie créative pure. Je vous fais entre 2 et 3 propositions de logo. Je dois donc m’inspirer et créer 3 logos au style différent pour vous laissez le choix. La création prend du temps, demande de la recherche et de l’inspiration. Ici, comptons entre 3 et 4h.
Je vous présente les logos et comment je les ai construit. Nous discutons ensemble, vous choisissez la version qui vous convient et arrive le temps des révisions. C’est-à-dire que je prends en compte vos remarques et j’effectue les modifications nécessaires. Comptons 1h de travail effectif.
Lorsque nous sommes d’accord, je crée les déclinaisons de votre logo et je les convertis aux différents formats. Les déclinaisons sont importantes pour que vous puissiez vous adapter à tous vos supports de communication que ce soit en print ou sur le web. Vous avez besoin d’un logo simplifié et peut-être d’un logo sans votre nom. Ici, encore 2h de travail. Et oui, la création prend du temps et la conversion dans les différents formats aussi !

La finalisation du projet

Une fois la partie créative terminée, je prend 30 minutes pour vous préparer le guide d’utilisation de vos logos et de vos formats. J’inclus également des exemples d’utilisation de votre logo -sur des goodies ou autre-. Nous terminons notre collaboration avec 30 minutes de skype pour que je vous explique le contenu du guide et pourquoi vous recevez autant de formats. C’est aussi un moment d’échanges pour répondre à toutes vos questions éventuelles.

Faisons les calculs

Faisons le calcul : 3+3+1+2+0,5+0,5 = 10h.
500€ / 10 = 50€/heure.
Je vous entend d’ici « ça va, 50€/heure c’est super cool. Tu bosses 30h dans le mois et tu te fais 1500€ ! »
Justement, passons à la partie que vous attendez tous, l’argent !!

La vérité sur les prix d’un graphiste

Partons du fait que je réalise en moyenne un CA de 1500€/mois sur l’année, soit 18 000€. Ce qui représente quand même 36 clients ! Heureusement je ne fais pas que des logos 😉
Ce CA veut dire que certains mois, je vais faire 0 et d’autre 3000. Puisque qu’on compte environ 3 mois « d’inactivité » dans l’année -5 semaines de vacances et 7 semaines de « creux » environ.-

Vous allez me dire que je peux faire plus de CA puisque 1 500€ c’est seulement 30h de travail. Oui je peux, mais il y a tout le reste à faire : prospection, comptabilité, suivi des clients, communication… et puis, les clients ne tombent pas du ciel, il faut aller les chercher !
Revenons à nos 18 000€ de CA déclarés.
À ces 18 000, je dois soustraire 25% de RSI, soit 4 500€
= 13 500€
A ça, viennent se déduire mes charges, c’est à dire les logiciels, l’hébergement et le nom de domaine de mon site, l’impression de mes cartes de visite, de mes flyers si je fais des salons, mon abonnement internet ou encore tant d’autres choses.
Ici, on va faire simple, puisque je n’ai pas de local, je travaille chez moi :
13 500
-15€ d’hébergement et nom de domaine
-420€ de logiciels
-300€ d’impression pour les supports de communication (et encore c’est le minimum)
-180€ la moitié de mon abonnement internet
-1000€ d’autres charges (rendez-vous clients à l’extérieur, inscriptions à un salon, formations -le web évolue tellement vite-…)
= 11 585€
/12 = 965€ de salaire mensuel.

Et encore, je suis sympa 😉 En réalité, on est plus proche du 100€ de CA = 55€ de salaire avec les imprévus…

En France, quelqu’un qui travaille à temps plein effectue 1 607h dans l’année et gagne au SMIC 1 188€ net par mois.
Ici, je gagne moins en travaillant probablement plus. Même si 36 logos x 10h ne représentent que 360h, je passe le reste du temps à développer mon activité. Entre la prospection sur internet ou lors d’événements, les rendez-vous découverte gratuits -qui n’aboutissent pas tous à un contrat-, le suivi de mes clients, la comptabilité et l’administratif… Lorsque je calcule, je travaille largement les 35h par semaine. Pour moi, être freelance est un luxe. J’aime cette liberté de travail mais c’est aussi faire une croix sur les vacances quand on a pas fait assez de CA et tout faire pour ne pas être malade puisque nous n’avons pas d’indemnités lorsque nous sommes dans l’impossibilité de travailler.

Pour finir

Je n’ai pas fait cet article pour me plaindre, bien au contraire. Je l’ai écrit dans un but pédagogique. Pour que quiconque se pose la question, puisse savoir comment ça marche. Je vous ai donné un exemple « vivable » -même si 965€ c’est léger- mais pour réaliser 18 000€ de CA, il faut y aller croyez-moi et surtout ne pas compter ses heures !

En tous cas, n’oubliez pas qu’en faisant appel à des professionnels, vous investissez dans votre entreprise. Ne vaut-il pas mieux payer quelqu’un pour faire son site ou pour avoir un logo professionnel, plutôt que de tout faire soi-même et risquer de ne pas être pris au sérieux par ses prospects ? L’investissement fait partie de l’entrepreneuriat et parfois le gain de temps en passant par un professionnel vaut bien plus que la somme dépensé. Au lieu de passer 2 mois à apprendre à faire votre site -probablement sans arriver au résultat rêver-, vous pouvez vous faire aider ou déléguer complément cette tâche et utiliser votre temps autrement. En prospectant par exemple pour trouver les clients qui vous rembourseront cet investissement 😉

Maintenant, vous savez tout sur le prix d’une prestation d’un freelance qui facture le minimum, c’est-à-dire 50€ de l’heure. Et oui, parce que ce que je ne vous ai pas dis c’est que 50€ c’est le minimum pratiqué dans la profession 😉

Si vous voulez d’autres exemples, Julia partage ses revenus tous les mois sur son blog I don’t Think, I Feel.

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